Récit

J’ai été affecté à cette mission en Août 1956, dans les conditions évoquées précédemment. Le chef de mission était M. Bérard. Elle était basée à Thiès et avait  déjà un an d’existence. Thiès est situé à 60 km de Dakar. Y résidaient, une colonie importante de cadres français de la ligne de chemin de fer Dakar-Niger, ainsi qu’une base militaire aérienne française. Une mission sismique CGG y  était également basée. Le chef de cette mission était C. Castex.
L’indépendance du Sénégal, qui était sous autorité française a été proclamée le 20 Août 1960 et Léopold Ségar Senghor en devint le premier Président de la République, ceci donc, après mon séjour.
J’ai passé ma première nuit à Dakar dans un hôtel modeste, sur lequel était apposé une plaque attestant le séjour de Jean Mermoz dans cet hôtel. Le lendemain Picot un prospecteur de la mission, vint me récupérer pour m’amener à Thiès. La zone d’étude est présentée sur la carte du Sénégal. Comme dans les missions précédentes, une semaine terrain alternait avec une semaine bureau. J’ai travaillé tantôt comme topographe, tantôt comme opérateur au gravimètre.
En topographie,  j’ai été amené à faire  un profil sur la côte, entre Dakar et St Louis. Ce n’était pas évident, il fallait tenir compte des marées et avec les véhicules, il fallait rouler sur la bande de sable mouillé. Plus haut, on s’ensablait, plus bas on risquait de noyer le moteur. Les photos présentées attestent de ces moments difficiles. Sur ce même profil, un peu au nord de Mboro-Ndeundekat, le gravimètre a mis en évidence un météorite enfoui. Cette particularité était connue du Service des Mines du Sénégal, mais nous n’en avions pas été averti. Cela a posé des problèmes à l’opérateur et a retardé considérablement l’équipe. En effet le gravimètre a une capacité de mesure définie, au-delà de laquelle il faut faire un changement de zone, c’est à dire recaler le 0 origine de l’appareil. C’est une opération longue car il faut revenir à chaque fois, à une base de référence. Le gradient se retrouvait évidemment dans la pente montante mais aussi dans la pente descendante du météorite. La gravimétrie met en évidence des structures enfouies, mais définit avec peu de précision leur profondeur et leur importance. Pour affiner une structure mise en évidence, il faut la mise en œuvre d’une autre méthode géophysique : la sismique réflexion.
Je ne sais si des études complémentaires ont été effectuées par la suite, pour avoir ces précisions. Cet événement n’étant pas pétrolier, c’est peu probable. Par curiosité, j’ai écris récemment au Service des Mines du Sénégal, mais à ce jour je n’ai pas reçu de réponse. Si quelqu’un a des informations sur la profondeur, la masse et la datation de ce météorite, je lui en serais reconnaissant. C’est lors de ce profil que j’ai découvert dans le centre ville de St Louis du Sénégal, le charme architectural du patrimoine colonial français. De nombreux témoignages de l’activité de l’aéropostale dans les années 1925 – 1935 savamment entretenus , y sont encore visibles.