Pourquoi ce site ?

La prospection pétrolière a vraiment démarré en Europe au début des années 1950. La Compagnie Générale de Géophysique (CGG), Société française en association, à ses débuts avec la Société Schlumberger s’imposa très vite comme le leader Européen dans cette spécialité.
L’objectif d’une étude géophysique pétrolière, est d’obtenir une connaissance du sous-sol à partir de mesures effectuées en surface, afin de mettre en évidence des pièges pétroliers possibles. Plusieurs méthodes furent mises en œuvre, mais s’imposèrent très vite la méthode gravimétrique idéale pour la grande reconnaissance, (définir les limites d’un bassin sédimentaire, localiser des anticlinaux) et la méthode sismique (réfraction et surtout réflexion), qui permet d’affiner la profondeur et la forme d’une structure tectonique.
Dans les années 1950, avec les premières découvertes en France en Aquitaine des gisements de Lacq, puis de  Parentis,  la grande volonté de la France a été d’intensifier  les  recherches hors métropole, en particulier dans les territoires d’outre-mer, au Sahara et en Afrique occidentale.
A cette époque, les conditions  d’expatriation des  prospecteurs  étaient très dures, mais l’enthousiasme qui accompagnait la découverte de pays nouveaux, au service d’un objectif noble, compensait (en partie), la rigueur  spartiate de la vie journalière. Ces conditions étaient plus difficiles au Sahara qu’en Afrique noire à cause de l’isolement. Nous partions pour des missions de 6 à 11 mois. En gravimétrie, une  semaine de terrain alternait avec une semaine de bureau et le travail  s’écoulait sans interruption, dimanches et fêtes. Où aller se détendre en fin de semaine le dimanche en plein Sahara ? Sur le terrain, au camp secondaire qui changeait d’emplacement tous les jours, pas de radio et des cartes parfois inexistantes (il n’y avait pas encore de photos aériennes). En mission de grande reconnaissance,  on pouvait   être  amené à effectuer  des mailles d’étude de plus de 250 km en hors piste, à plus de 100 km  du camp de base.
Je relate sur ce site, le vécu  de ma vie professionnelle de 1954 à 1958.
A partir de 1959, les conditions de vie en mission ont heureusement bien  évolué. On bénéficia des premières détentes en cours de mission, deux semaines au bout de trois mois. Elles se sont ajoutées au seul mois de  congés payés qui était accordé jusque là. Pendant toute cette période je n’ai participé qu’à des missions gravimétriques, soit comme topographe, soit comme opérateur au gravimètre (Sahara Algérien, Sud Tunisien, Sénégal, Sahara Libyen )
J’ai été embauché à CGG en mai 1954 à mon retour du service militaire et je suis parti pour  ma première mission Sahara début décembre de la même année.